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KOSOVO : Déclaration quant au massacre perpétré sur la famille Belisha.


Nous commémorons ce jour, qui rappelle cette tragédie dont a été victime cette famille le 26 mars 1999.

Ce sont 49 personnes qui ont été massacrées par des barbares. Ces criminels ont perpétré ces massacres sans faire de distinction : la victime la plus âgée est une mère de famille, Hatixhe qui avait 99 ans mais d’autres personnes ont aussi été massacrées, Eroni petit enfant, un an et Liria, jeune mariée et enceinte de 9 mois. Le 26 mars 1999, la ville de Therandë était occupée entièrement par la police, les militaires, les paramilitaires et des Serbes locaux qui portaient tous des uniformes. Les mouvements dans la ville échappaient à tout contrôle, et nous qui étions témoins de ces mouvements, nous prenions conscience qu’il allait se passer quelque chose de terrible sur la ville de Therandë. A midi en pleine journée, ces forces armées ont commencé à sortir les familles de leurs maisons par la violence et cela, pour la simple raison que ces personnes étaient toutes des Albanais.

A ce moment, près de l’entrée de la maison et devant toutes les autres personnes qui seront tuées plus tard à la pizzeria « Calabria », six personnes furent exécutées sur le champ : Sedat, Bujar, Nexhat, Faton, Havë et fatima. Une partie des personnes ont été conduites vers le Centre artisanal, rue du Centre, devant l’entrée des locaux et les criminels ont commencé à tirer avec leur arme à feu. Même après la guerre, ces rues portaient encore des tâches de sang. Les autres personnes ont été enfermés à l’intérieur de la pizzeria « Calabria » mais le local était trop petit pour enfermer toutes ces femmes, ces vieillards, ces enfants et ces hommes. Tout d’abord, ils ont commencé à y jeter des grenades à la main puis ils ont tiré à l’arme automatique.

Les cris, les hurlements, les appels au secours ont été terrorisants car il n’y avait malheureusement personne pour leur venir en aide !

Et peu de temps après, les forces criminelles, désorientées dans leurs crimes, sont entrées dans le local pour contrôler s’il ne restait pas encore des personnes en vie. Les survivants, demandant de l’aide, voyaient devant eux leurs proches tués, et pour la deuxième fois, ils apercevaient la mort en direct. Et à leur tour, ils furent exécutés un par un à l’arme automatique. Jashar Berisha qui travaillait lui à la pompe à essence « INA » a pu assister de tout près à ce massacre. Et la Police locale étant tout à fait consciente que Jashar était un membre proche de la famille et qu’il allait certainement rapporter ce à quoi il avait assisté, il fut arrêté et quelques minutes plus tard exécuté à son tour à coup de rafales automatiques en plein centre de Therandë. Au total, ce sont donc 49 personnes qui ont été tuées, appartenant à la famille Berisha, dont vingt d’entre eux sont âgés de un an jusqu’à dix huit ans. La deuxième étape de cette tragédie débuta ensuite lorsque les criminels embarquèrent tous ces cadavres dans un camion pour les conduire au Quartier militaire de Lubizhdë près de Prizren.

Parmi elles, se trouvaient deux personnes couchées comme mortes mais encore en vie : il s’agissait de deux femmes, Shyhretja et Vjollca, avec son fils Gramoz. Et, d’après elles, il y avait encore un jeune garçon en vie âgé de 4-5 ans. Pendant leur trajet vers Prizren, ces dernières communiquèrent entre elles pour se décider à sauter du camion au village de Malësia e Re. Ce sont ces trois personnes qui ont pu échapper à ce massacre. Les autres cadavres ont été enfouis au Quartier militaire du village de Lubizhdë. Craignant l’entrée des forces de l’OTAN au Kosovo, c’est aux environs de minuit en date du 4 et 5 avril 1999 que les cadavres ont été déterrés pour être transportés dans un camion frigorifique en direction de la Serbie. Cela dans le seul but de cacher ces atrocités et ces cadavres. Le camion a été jeté dans le fleuve du Danube, mais comme le camion revint à la surface, ils ont décidé de les enterrer dans une fosse commune à Batajnice, près de Belgrade au Quartier de la police secrète Serbe. C’est ainsi que les militaires, les paramilitaires et les Serbes locaux ont essayé de cacher les crimes commis.

Les rescapés du massacre déclarent :

SHYHRETE BERISHA : « Je voyais de mes propres yeux mon fils en train de mourir, assoiffé…..il mourut……les yeux ouverts ! J’ai réunis toutes mes forces pour lui refermer les yeux et la bouche car je savais qu’il demandait à boire……..ou bien pour exprimer quelque chose ».

VJOLLCA BERISHA: Je disais à mon fils « Mozi et si nous sautions nous aussi du camion, comme Shyhrete vient de le faire ». J’attachai Mozi (mon fils) blessé à l’aide de son pull sur moi, et nous sautâmes du camion sans nous faire prendre !

Un an après la guerre, les cadavres ont été déterrés de la fosse commune de Batajnice et les tests ADN ont pu débuter afin d’identifier les victimes. Quatorze personnes ont été identifiées et ont quitté le territoire serbe de 2005 à 2006. Malheureusement, nous n’avons pas d’autres informations pour les autres, et ils restent par conséquent disparues. Nous, les familles, vivons encore dans la tristesse et l’anxiété tant que l’on n’aura pas appris la vérité sur eux. Afin d’élucider la vérité sur cette tragédie quant aux personnes disparues, c’est le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qui a mis en place une équipe spéciale pour permettre le dialogue entre Pristina et Belgrade. Mais malheureusement, et jusqu’au jour d’aujourd’hui, cette mission n’a pas de succès. Nous, les membres de la famille, nous ne demandons pas plus que le retour de ces cadavres, leur identification, de façon à ce que nos cœurs trouvent un moindre apaisement. Nous demandons aussi la condamnation ferme de ces criminels, non seulement pour nous tranquilliser, mais pour que justice soit rendue comme il se doit. C’est ce que nous demandons fermement à la communauté internationale, que d’arrêter et de punir ces criminels et non qu’ils soient laissés en liberté. La communauté internationale ne peut rester indifférente par rapport à ce crime commis.

Nous demandons que justice soit faite !

Mars 2010

L’ASSOCIATION « SHPRESIMI » à Therandë Halit Berisha

E-mail : halitberisha@hotmail.com

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