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MAROC : Le CNDH et la reconnaissance des dépouilles des disparus.


Le Conseil National des Droits de l’Homme a remis ce mercredi 4 février 2015, à la famille Ouzzane Belkacem, ses résultats d’analyse ADN concernant la dépouille présumée de leur père en levé en 1973 et séquestré depuis lors à Agdz. La famille du disparu Ouzzane a émis des réserves sur ces résultats.

L’APADM s’associe à la famille Ouzzane pour qu’elle puisse exercer son droit de recourir à une contre-expertise afin de se rassurer et prendre confiance.

L’APADM déplore d’autre part, l’approche et la méthode suivie par le CNDH dans cette procédure d’identification qui ne permettent pas d’instaurer la confiance et la sérénité nécessaires.

  • Il a fallu en effet presque 9 ans (prélèvement fait le 27 mai 2006) au CNDH pour annoncer ce premier résultat.
  • Des dizaines de cas restent à ce jour non traités. Et le recours à l’analyse ADN n’a pas été généralisé.
  • Il persiste des dizaines de cas de dépouilles non recherchées ou retrouvées et dont les circonstances de décès présumés n’ont pas été élucidées.

Il est universellement reconnu que l’identification avec certitude des dépouilles est un élément majeur de la réparation due aux familles des victimes. Le manque d’identification est une scélératesse infligée à la victime et une avanie à ses proches.

Les parents concernés doivent être associés au processus d’identification des dépouilles et de la recherche de la vérité, comme il est établi dans les autres pays.

L’APADM, pour sa part, est en mesure de contribuer à cette association soutenue en cela par des experts internationaux de la Croix Rouge à Genève, des experts d’Argentine, de Bosnie, de Chypre qui ont déjà manifesté leur solidarité effective.

Dans ce domaine, le CNDH doit s’ouvrir d’avantage au regard des survivants, des parents des victimes, des associations, des journalistes et des historiens.

Nul ne peut occulter la vérité, ni se résigner face aux pressions de ceux qui veulent éviter de froisser les anciens tortionnaires.

Le fardeau de la mémoire a été porté pendant trop longtemps par nous, les victimes et les familles de disparus et par nous seules.

La réparation véritable est une des conditions majeures pour l’établissement de l’Etat de droit.

L’APADM - Paris le 9 février 2015

as.apadm@gmail.com

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