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La FEMED dénonce la condamnation de Sihem Ben Sedrine et alerte sur la situation de la justice transitionnelle en Tunisie
29 juin 2026 — disparitions-euromed.org

La Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED) exprime sa profonde indignation après la condamnation à vingt-cinq ans de prison de Mme Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité, prononcée dans la nuit du 25 au 26 juin 2026 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du Tribunal de première instance de Tunis. Cette décision intervient dans le cadre de poursuites liées à l’exercice d’un mandat légal au sein de l’institution chargée de mettre en œuvre la justice transitionnelle.
La FEMED condamne fermement une décision qui ne peut être comprise autrement que comme une nouvelle étape dans la remise en cause du travail de vérité, de justice et de réparation engagé en Tunisie. En criminalisant des actes accomplis dans le cadre d’un mandat confié par la loi, les autorités tunisiennes portent atteinte non seulement aux personnes poursuivies, mais aussi à l’ensemble du processus de justice transitionnelle et plus largement, au droit des victimes à la vérité et à la justice.
La FEMED dénonce également le contexte dans lequel s’inscrit cette condamnation : celui d’une dégradation continue de l’indépendance de la justice, d’un affaiblissement des institutions garantes de l’État de droit et d’une régression préoccupante des acquis démocratiques. De telles poursuites, dirigées contre des acteurs de la justice transitionnelle, envoient un signal particulièrement grave à toutes celles et ceux qui œuvrent pour la mémoire, la redevabilité et la fin de l’impunité.
La FEMED exprime sa solidarité pleine et entière avec Mme Sihem Ben Sedrine, ainsi qu’avec toutes les personnes visées par ces poursuites dans le cadre de leur participation à la mise en œuvre de la justice transitionnelle. Elle rappelle que les mécanismes de vérité et de justice ne sauraient être affaiblis par des représailles judiciaires, et que les droits des victimes ne peuvent être effacés par un changement de cap politique.
La FEMED appelle les autorités tunisiennes à mettre un terme à cette instrumentalisation de la justice, à respecter leurs engagements nationaux et internationaux, et à garantir sans délai les conditions d’un véritable État de droit. Elle appelle également les partenaires internationaux de la Tunisie, en particulier les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine, à réagir avec clarté face à cette dérive inquiétante et à réaffirmer leur soutien aux principes de justice, d’indépendance judiciaire et de non-impunité.
La FEMED continuera de se tenir aux côtés des victimes, des défenseur·e·s des droits humains et de toutes les personnes engagées pour que la vérité, la justice et la dignité restent des exigences incontournables.