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La FEMED porte la voix des familles de disparu·es des Balkans auprès des institutions européennes
5 juin 2026 — disparitions-euromed.org
À l’issue du séminaire régional organisé à Paris les 18 et 19 mai 2026, certains représentants des associations de familles de disparu·es et des organisations de la société civile des Balkans occidentaux ont poursuivi leur mobilisation à Bruxelles et à Strasbourg dans le cadre d’une mission de plaidoyer coordonnée par la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED).
Cette démarche constituait l’aboutissement direct du travail collectif mené pendant le séminaire. Après deux jours d’échanges et de réflexion, les participants avaient adopté une déclaration commune contenant une série de recommandations destinées aux institutions nationales et internationales afin de faire progresser la vérité, la justice et les droits des familles de personnes disparues dans la région.
L’une des particularités de cette mission résidait dans la participation directe des représentants des associations de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, du Kosovo, du Monténégro et de Serbie. Les familles et les organisations de terrain ont ainsi pu présenter elles-mêmes leurs préoccupations, partager leur expérience et exposer les obstacles auxquels elles continuent d’être confrontées dans leurs pays respectifs.
La délégation à Bruxelles a rencontré des représentants du Service européen pour l’action extérieure chargés des droits humains, de la Bosnie-Herzégovine, des relations entre la Serbie et le Kosovo ainsi que du dialogue Belgrade-Pristina. Des échanges ont également eu lieu avec des responsables de la Commission européenne travaillant sur les Balkans occidentaux et les politiques d’élargissement, ainsi qu’avec la représentation permanente de la Croatie.

Les discussions ont porté sur plusieurs priorités identifiées par les associations : l’accès aux archives, le renforcement des mécanismes de recherche des personnes disparues, la coopération régionale et la participation effective des familles aux processus de recherche de la vérité. Les participants ont également insisté sur la nécessité de maintenir la question des disparitions forcées parmi les priorités de l’Union européenne dans ses relations avec les pays des Balkans occidentaux.
Une autre délégation s’est rendue au Parlement européen à Strasbourg afin de rencontrer des députés sensibles aux questions de droits humains, de libertés fondamentales et de relations avec les Balkans occidentaux. Les échanges ont permis de présenter les conclusions du séminaire et d’alerter sur les difficultés persistantes rencontrées par les familles de disparu·es plus de vingt-cinq ans après la fin des conflits.

Au-delà de la présentation des recommandations, cette mission a permis de sensibiliser les interlocuteurs européens à la réalité vécue par les familles et de rappeler que la question des personnes disparues demeure un enjeu central pour la réconciliation, la stabilité régionale et le respect des droits humains. Les représentants des institutions rencontrées ont exprimé leur intérêt pour les analyses et propositions formulées par les associations, ainsi que leur volonté de maintenir un dialogue avec la société civile sur ces questions.
Cette mission a également permis de renforcer la visibilité du travail mené par les associations de familles au niveau régional. En portant une voix commune devant les institutions européennes, les participants ont démontré leur capacité à dépasser les frontières nationales et les divisions héritées des conflits afin de défendre ensemble des revendications fondées sur les droits des victimes et le droit à la vérité.
Pour la FEMED, cette démarche constitue une étape importante dans le renforcement du plaidoyer régional sur les disparitions forcées. Elle confirme l’importance d’associer directement les familles aux échanges avec les décideurs et contribue à inscrire durablement la question des personnes disparues dans les discussions européennes relatives aux Balkans occidentaux.
Les rencontres organisées à Bruxelles et à Strasbourg ont ainsi permis non seulement de présenter des recommandations concrètes, mais également d’établir de nouveaux contacts, d’ouvrir des perspectives de coopération et de consolider la reconnaissance des associations de familles comme interlocutrices légitimes sur les questions de vérité, de justice et de mémoire dans la région.
Retrouvez la déclaration dans l’onglet Publications – Rapports.