La FEMED
La FEMED rassemble les forces de ses associations membres afin de révéler la vérité sur les disparitions forcées — passées et actuelles — et d'œuvrer pour la non-répétition de ces crimes.
L'homme est un être social dont l'existence est intrinsèquement liée à celle de ses semblables. Pourtant, l'Histoire témoigne à plusieurs reprises de violations extrêmes des droits humains. Parmi les plus graves figurent les disparitions forcées, un phénomène tragique qui marque durablement les sociétés.
Ces disparitions ne sont pas seulement une atteinte aux droits individuels des victimes : elles affectent les proches, les communautés, et la société dans son ensemble. Pour la victime directe, elles constituent une violation manifeste du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, sans possibilité de défense légale.
Pour les familles, la souffrance se prolonge dans l'incertitude, l'impossibilité de faire leur deuil, et parfois l'impossibilité de mener des funérailles conformes à leurs coutumes. Cette douleur est d'autant plus intense lorsque des enfants se retrouvent privés d'un parent.
« Dans un monde où l'humanité est capable du meilleur comme du pire, il est impératif de lutter contre ce fléau. L'espoir demeure qu'un jour, personne ne subira les conséquences dévastatrices des disparitions forcées. »
— Manifeste fondateur de la FEMEDLes disparitions forcées affectent aussi les amis, les collègues, les défenseurs des droits humains — créant un climat de peur généralisée qui érode les libertés fondamentales.
Elles sont le reflet d'un État défaillant, incapable de protéger ses citoyens — l'échec des régimes autoritaires exposant leurs populations à une violence systématique.
Fondée sur l'engagement de ses membres, la FEMED structure son action autour de trois mandats complémentaires qui guident l'ensemble de ses activités depuis 2007.
Recueillir les témoignages des familles, localiser les lieux de disparition, révéler au grand jour les cas passés et préserver la mémoire individuelle et collective — pour que l'histoire ne soit pas effacée.
Accompagner les familles dans leurs démarches judiciaires et administratives. Renforcer les capacités des associations membres et les orienter dans leurs stratégies de plaidoyer, en partageant ressources et expériences.
Représenter les familles auprès des instances nationales et internationales. Sensibiliser l'opinion publique et promouvoir la ratification et l'application de la Convention internationale contre les disparitions forcées.
Au-delà de ses trois axes fondateurs, la FEMED décline son engagement en onze missions concrètes, portées collectivement par ses associations membres dans chaque pays.
Ces missions structurent nos prises de position, nos actions quotidiennes et notre présence auprès des familles et des instances internationales.
La FEMED réunit aujourd'hui 23 associations membres issues de 11 pays différents, unissant leurs voix pour chacune de ces missions.
Œuvrer pour la garantie de la non-répétition des crimes de disparitions forcées.
Renforcer les capacités et les actions des associations membres de la FEMED.
Promouvoir et orienter les associations dans leurs démarches administratives et juridiques.
Soutenir les actions des associations de familles des disparu(e)s.
Soutenir la réparation et la réhabilitation à destination des familles et des disparu(e)s retrouvés.
Sensibiliser l'opinion publique nationale et internationale à la réalité des disparitions forcées.
Connaître les lieux et les circonstances de chaque disparition avec rigueur et respect.
Révéler au grand jour les cas passés de disparition pour que l'impunité prenne fin.
Préserver la mémoire individuelle et collective des victimes de disparitions forcées.
Retrouver les victimes de disparitions forcées qui sont toujours en détention.
Faire la lumière sur le sort de toutes les personnes portées disparues.
La FEMED met en œuvre des activités concrètes pour réaliser ses missions — de la formation juridique au plaidoyer international, en passant par la collecte de témoignages sur le terrain.
Formations des associations membres sur les mécanismes juridiques internationaux de protection des droits de l'homme, la médecine légale et les procédures applicables.
Plaidoyer devant les Organisations internationales, les Institutions nationales et européennes — ONU, Conseil de l'Europe, Union Européenne.
Participation aux séminaires et organisation de conférences avec les associations sur les thèmes reliés aux disparitions forcées.
Collecte de témoignages sur le terrain auprès des familles de disparus et diffusion auprès du grand public, des médias et des instances compétentes.
Promotion active de la ratification et de l'application de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (2006).
Accompagnement et orientation des associations membres dans leurs démarches administratives, juridiques et de communication.
Publication phare de la FEMED, la revue Devoir de Vérité diffuse analyses, témoignages et actualités sur les disparitions forcées dans l'espace euro-méditerranéen. Un outil essentiel de mémoire et de sensibilisation.
La question des disparitions forcées est apparue sur la scène internationale avec l'Organisation des États Américains (OEA), qui a réagi aux disparitions survenues au Chili après le coup d'État de 1973. Cette prise de position faisait suite aux revendications des familles de disparus et aux appels de la société civile latino-américaine.
Pour lutter contre ce phénomène, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté plusieurs instruments internationaux, notamment la Convention contre la torture (1984), et une convention spécifique contre les disparitions forcées en 2006.
À ce jour, les disparitions forcées demeurent un fléau mondial, dont l'ampleur est difficile à quantifier précisément en raison de l'instabilité qui caractérise les régions les plus touchées.
La FEMED milite activement pour l'universalisation de la Convention internationale de 2006 et son application effective dans tous les États — au cœur de sa mission de plaidoyer.
Pays actuellement touchés
La difficulté à obtenir des chiffres précis découle de l'instabilité et de la violence qui caractérisent certaines régions. L'ampleur de cette violation des droits humains est néanmoins indéniable.
Aucune disparition forcée ne doit rester impunie. Les responsables doivent répondre de leurs actes, en droit national comme international.
Les familles ont le droit de savoir ce qu'il est advenu de leurs proches. Connaître les circonstances et les lieux est un droit fondamental.
La force de la FEMED vient de l'union de ses 23 associations membres, au-delà des frontières, des langues et des différences.
Les droits humains sont universels. Chaque disparition forcée, partout dans le monde, est une atteinte à l'humanité entière.
Rejoignez la FEMED ou soutenez notre action pour que plus aucune famille ne reste seule face aux disparitions forcées.